Le début de notre histoire - Salvador Sanchez
Salvador Sanchez

Le début de notre histoire

Le début de notre histoire - Salvador Sanchez

En voyage vers notre ancien village avec nos enfants, aujourd’hui, on peut dire que je ne me suis pas levé du bon pied. Ma femme, comme les enfants l’ont également remarqué. Pour plus de 6 h de route, ça sentait morose et un air négatif planait dans la voiture. Les enfants voyant mon air n’osaient rien demander et c’était chacun pour soi. Ma femme essayait tant bien que mal de converser, mais je faisais la sourde oreille. J’ai mis une musique de « mon temps », du bon vieux pop rock, comme cela, le silence était brisé. Tout d’un coup, après 300 km de route, j’ai senti mon téléphone vibrer. Je me suis mis en bord de route pour voir ce que c’était, c’était un message reçu par courrier rapide écrit en texto et venant de ma femme qui disait « Chéri, tu te souviens de cet endroit ? » Là, je me suis mis à tourner un peu la tête et j’ai vu un petit coin avec un petit restaurant et un chalet. Un endroit que je n’oublierai jamais, car c’est là que, 20 ans plus tôt, j’avais commencé à parler avec la fille de mes rêves. En voyant l’endroit, comme par magie, je ne savais même plus les raisons qui m’avaient causé la mauvaise humeur, je revoyais toutes les scènes qu’on avait vécues, son sourire magnifique, moi qui étais encore tellement timide. Quand j’ai vu l’endroit, je me suis mis à dire aux enfants, « il y a 20 ans, c’est ici que j’ai embrassé votre mère pour la première fois ». Ils ont un peu ri, mais ils se sont intéressés et ont demandé de raconter. Alors, je leur ai dit, « d’accord, on remonte en voiture et votre mère et moi vous raconterons », tout sourire, j’ai commencé par raconter que j’étais encore au cégep, que leur mère venait les weekends dans cet endroit avec ses amies pour aider une tante de l’une de ses amies. Elles servaient ainsi les passants. Connaissant leur programme et comme j’avais déjà le béguin pour leur mère, j’ai entrepris de venir là-bas à bicyclette. Je me souviens que j’étais dehors sans argent pour entrer et manger un petit plat, mais qu’au bout de quelques minutes, leur mère s’était approchée et m’offrit une tasse de café. Elle m’a ainsi dit, « tu fais quoi dans le coin ? » J’ai répondu, « rien ! Je ne fais que me balader ! » Ma femme a juste ri et entama la discussion. J’ai raconté aux enfants que ce jour-là, je n’avais retenu qu’un propos, « tu veux bien m’attendre, je vais finir et on rentre ensemble ! » C’était les plus belles paroles que j’ai entendues de ma vie et aussi, le début de notre histoire.