Jupiter le chat - Salvador Sanchez
Salvador Sanchez

Jupiter le chat

Jupiter le chat - Salvador Sanchez

Surpris, c’était certain que je le fus lorsque je suis entré chez moi, et qu’un chat est venu se frotter sur moi. Il était tigré et son collier m’a tout de suite donné son nom, Jupiter, et celui de ses propriétaires. Je les ai appelés pour qu’ils viennent récupérer leur animal de compagnie. Malheureusement, j’ai dû laisser un message sur le répondeur, car personne ne me répondit. J’attendis d’être rappelé. Rien n’est venu de toute la soirée. Je me suis résolu à passer chez Brigitte, ma sœur, car elle a accepté de me dépanner en me donnant de la nourriture en boîte. Je ne voulais pas que cette pauvre bête soit affamée. Je lui ai donné sa nourriture et de l’eau dans des bols. Je n’avais pas voulu sacrifier à cet usage ma jolie vaisselle. Après quelques recherches dans mon buffet, où je range mes assiettes, mes coupelles et mes plats de service, j’ai vu deux sous-tasses ébréchées.

Elles convenaient parfaitement pour ce nouvel usage. J’ai donc nourri mon invité d’un soir. Alors que j’allais éteindre toutes les lumières de ma maison, j’ai entendu le vent se lever et la pluie s’abattre sur les volets. J’ai tout de suite pensé à Jupiter. Il était peut-être sous l’averse. J’ai ouvert ma porte et je l’ai appelé. Il a immédiatement compris que je voulais l’héberger sous mon toit. Je craignais qu’il n’ait pas été bien élevé et qu’il se soulage sur le tapis du salon, en soie et laine, qui me vient de ma grand-mère. J’ai donc accepté qu’il vienne dans ma chambre et qu’il se pelotonne à mes pieds. Il a dormi comme un loir, jusqu’à ce qu’il sente que je bouge dans mon lit. Alors, il s’est approché de moi en ronronnant et je l’ai caressé.

Ce samedi-là, j’avais prévu de rester chez moi et de trier mes dossiers d’assurances, de prêts et de soins médicaux. J’ai même retrouvé la facture de mon traitement de l├ęsions pigmentaires, dont j’ai été plus que satisfait. Pendant ce temps, le chat se tenait tranquillement sur le divan à regarder à l’extérieur par la grande baie vitrée. Le temps était maussade et des feuilles volaient dans les bourrasques automnales. La sonnerie de mon téléphone retentit, et je m’attendais à avoir en ligne les maîtres de l’animal. Il n’en fut rien, l’appelant s’était trompé de numéro, et ils ne se sont jamais manifestés. J’ai donc gardé mon nouveau compagnon, et nous sommes devenus inséparables.